[ Parti Intime ]

France, 2021 - 2022

Au masculin, pour un choix qui ne devrait pas être singulier : celui de se contracepter en tant qu’homme cis hétéro.

--

Cinquante ans après les premières études du Docteur Roger Mieusset sur la Contraception Masculine Thermique - montrant qu’une hausse de la température des testicules diminuait fortement la production de spermatozoïdes - seuls quelques milliers d’hommes auraient recours à ce procédé en France.

C’est un fait : la charge médicale, mentale et financière pour éviter une grossesse pèse encore très nettement sur les femmes cis hétéro.

Sous l’impulsion toutefois de militant.e.s, la question du partage de la contraception revient depuis quelques années sur le devant de la scène. Notamment grâce à la médiatisation des travaux de Maxime Labrit, créateur en 2019 de l’anneau Andro-switch, et la (re)mobilisation d’autres acteur.ice.s du mouvement.

C’est un soir de scroll sur Instagram que je découvre l’existence de cet anneau. Des recherches plus poussées me mettent sur la voie du “pourquoi pas moi ?”. Comme un choix personnel et militant, pour être responsable de ma fertilité, faire de l’acte d’avoir un enfant une décision la plus consciente possible, et participer à la lutte contre le déséquilibre contraceptif à ma petite échelle.

Le 30 novembre 2021, je commande mon anneau.

Cette série documentaire est le témoignage - en photos et mots - d’un parcours de contraception masculine, le mien, parmi d’autres.

Pour informer, et inspirer peut-ĂŞtre.

NB : version non-censurée visible ci-dessous, présentant des corps nus

--

Parutions :
- Contraception Masculine - La France complètement à la bourse, Libération
- Guillaume Blot : “Me contracepter, c’est un choix personnel et militant”, Les Inrocks
- « Parti intime » : l’anneau thermique, pour une contraception plus équitable, Fisheye

Recherches

J’ai déjà souri devant les mots slip chauffant, je le reconnais. J’imaginais alors des mini-bouilloires greffées à mon slop, épousant mes testicules qui deviendraient par magie inopérantes. Et puis j’ai lu.

Le boulocho son autre nom, l’anneau ou encore le jockstrap permettent de remonter les “joyeuses” au niveau du pubis. Porté 15h tous les jours, le dispositif fait chuter le nombre de spermatozoïdes dans l’éjaculat, jusqu’à passer sous le seuil de fertilité (estimé à moins d’1 million / ml) au bout de trois mois. La méthode est réversible et aucun effet secondaire notable n’est aujourd’hui connu.

> Plus d’infos dans ce manuel édité par Leslie Bhar

Commande de l’anneau

Pour me lancer, je décide de me procurer l’anneau Andro-switch* de Maxime Labrit, repéré sur Insta. La première étape, axée mathématiques, est de prendre une règle plate et de mesurer la largeur de mon sexe en érection. Je m’exécute pour trouver la bonne taille à commander parmi cinq modèles aux noms évocateurs : Kyle, Cartman, Stan, Kenny & Butters.

37€ (prix symbolique de la température du corps) + 5€ de frais de port plus tard, je le reçois par La Poste.

*Si l’Andro-switch n’est plus commercialisé depuis décembre 2021, dans l'attente de sa certification, il est possible d’acheter un anneau similaire sur coucouroucoucou.com.

01 42 60 93 20

J’appelle plus tard le Planning Familial de Paris pour obtenir une ordonnance de spermogramme, qu’ils m’envoient gratuitement par mail dans la foulée. Une analyse en labo des spermatozoïdes, de même qu’un check des parties génitales chez le médecin, sont en effet impératifs avant de commencer la méthode.

J’obtiens également de leur part le nom du Dr Hourdet-Garçon à Bagnolet (93), sensibilisée à la contraception masculine, et anticipe sur doctolib.fr un rendez-vous avec elle quelques semaines après.

Premier spermogramme

Le 6 janvier 2022, je me lève et file sans rendez-vous au Laboratoire Drouot à Paris, accompagné de mon ordonnance, de ma carte vitale, d'une abstinence de 3 jours et d’un podcast érotico-mignon.

Je fais la queue avant de prendre la mienne en main dans une micro-salle aseptisée. Je remplis timidement le centième du flacon, que je referme en laissant ”la porte ouverte en partant” comme l’a demandé le laborantin. Dans une semaine je recevrai mes résultats.

> Plus d’infos au sujet du spermogramme sur le site du labo

Chez le Dr Hourdet-Garçon

Je n’ai réussi à avoir rendez-vous avec le docteur qu’un mois plus tard. Elle me reçoit dans son cabinet. L’imprimante couche sur papier le pdf des résultats de mon spermogramme. Le ton de sa voix baisse, prend les meilleures précautions pour me dire que les chiffres encrés ne me permettent pas de commencer dès aujourd’hui la contraception : mon nombre de spermatozoïdes par millilitre de sperme est inférieur au seuil des 15 millions demandés, et leur mobilité n’est pas suffisante.

Dans ma tête ça résonne en “j’ai un bail avec ma fertilité”. Elle tient toutefois à me rassurer en disant que ça peut être dû à un événement ponctuel juste avant le recueil, comme un sauna, la prise de drogues ou autres, et me propose d’en refaire un dans deux mois.

Je lui demande quand même si on peut faire un check médical pour voir s’il n’y a pas de contre-indication anatomique au port de l’anneau. Tout est okey. Et de me montrer comment le mettre. Là, nous coinçons tous les deux. Elle n’a appris que sur postiche, tandis que j’ai peur de me coincer un testicule. Un tuto sur le web ne suffira pas ce jour-là.

Elle accepte infine de m’accompagner dans mon parcours.

D’autres anneaux, d'autres garçons

En attendant de réaliser un nouveau spermogramme, je décide d’aller à la rencontre d’autres hommes contraceptés. Pour parler essentiellement, des motivations, du port au quotidien, de certaines peurs peut-être. J’ai eu le temps de sonder les miennes : le petit vertige d’une nouvelle habitude à intégrer 15h par jour, la crainte surtout de ne pas retrouver une fertilité normale ensuite.

Je me rends le jeudi 3 février 2022 au soir à un atelier “Contraception Thermique / Fabrication” animé par Samuel (Flambard). En plus de réaliser pendant 3h mon propre anneau en silicone, je me retrouve à discuter jockstrap, et technique d’enfilage avec Léo, Maxime, Hugo et Robin notamment.

Ce dernier a 28 ans, et porte l’anneau depuis trois ans et demi. Il compte arrêter dans six mois, et opter avec sa copine pour une contraception tournante : ce sera à elle de reprendre le flambeau pour quelques temps. Il est en effet aujourd’hui conseillé de ne pas porter l’anneau pendant plus de quatre ans d’affilée, faute de recul suffisant sur la méthode et la reprise normale de la spermatogenèse (processus de développement des spermatozoïdes).

Je repars plus éclairé. Et avec deux anneaux colorés.

Essayage

À l’atelier de Sam, j’ai aussi appris à bien enfiler mon anneau. Je réessaye à la maison.

Le passage du scrotum à l’intérieur du rond siliconé est la partie la plus technique, la plus bizarre. J’y arrive en perdant quelques poils pubiens. Étrangement je m’y habitue bien les premières minutes.

Mes testicules dessinent comme deux yeux ronds dans la toison. Si la sensation n’est pas nouvelle, la générer si. Je ne les aurais jamais eu aussi hautes aussi longtemps dans ma vie. Je me dis d’une certaine façon que j’augmente la connaissance de mon propre corps en le(s) portant.

J’essaye également de dépasser la simple contrainte de l’objet : pourquoi ne pas voir l’anneau aussi comme un accessoire, une sorte de bijou de sexe ? Faire rimer sérieux et joyeux.

Je pose ces mots qui m’aident à mieux l’accepter.

Paul au Planning

Samedi 5 février 2022, j’ai pris rendez-vous au Planning Familial de Paris pour une consultation de groupe. Je me rends compte que leurs locaux sont situés à côté du métro Bourse.

Dans la salle d’attente en face de moi patiente Paul. On commence à parler avant qu’arrivent d’autres garçons et filles, pour deux heures d’échanges autour de la contraception masculine et féminine, orchestrés par trois intervenantes du lieu.

Le jeune homme craint de ne pas être assez attentif au port de l’anneau : ”J’ai peur qu’il soit parfois dans une mauvaise position, ou de ne pas réussir à le porter 15h.” S’il manque de confiance en lui à ce stade, il se montre déter : “il est temps que je devienne acteur de ma vie sexuelle et que la contraception ne repose plus uniquement sur ma compagne. J'espère aussi en devenir un porte-parole afin que plus d'hommes en entendent parler !”

Quentin, porteur de l’anneau depuis juillet 2020

Sur mon parcours je fais un détour chez Quentin, qui a accepté de livrer son témoignage.

Après pas mal de lectures, notamment de posts de comptes féministes sur Insta, il décide avec son partenaire - une personne non-binaire qui a longtemps vécu avec la pilule - d’assumer leur contraception via l’anneau. “Les deux premières semaines tu le sens un peu, mode « ah tiens j’ai un truc en plus », puis tu l’oublies totalement. Ca m’est même arrivé de dormir avec” se souvient-il. Depuis il enfile son Andro-switch entre 8 et 9h le matin, et l’enlève généralement avant minuit*.

“Je le garde pour le sport, ça me gêne pas. Pour le sexe ça peut même devenir un cockring, c’est assez cool niveau sensations” détaille-t-il. S’il en parle aux autres garçons ? “J’en discute un peu avec mes potes, ils sont assez curieux, bienveillants au global, mais ils se sentent pas pour autant prêts à sauter le pas” concède-t-il.

Et la suite ? Quentin songe pourquoi pas à la vasectomie, ne souhaitant pas aujourd'hui avoir d’enfant demain. Il en est déjà à son premier rendez-vous.

*Il est en effet conseillé de porter l’anneau en journée plus que la nuit, pour un meilleur maintien des testicules en position haute.

Élie et Lucile, du soutien

Je rends également visite à un couple, Lucile et Élie.

“Pour moi, c’est un soulagement de ouf” : Lucile est plus que ravie que son copain Élie ait fait le choix de porter l’anneau de contraception, quasiment dès leur début fin 2020. “Je lui en ai parlé assez tôt, je voyais bien que son implant la soûlait. J’ai juste mis un peu de temps à me lancer, car personne autour de moi ne le portait, et j’avais besoin d’être rassuré quand même je crois. Le groupe Facebook Contraception masculine - infos et témoignages m’a pas mal aidé à ce sujet d’ailleurs.” conseille Élie.

“Je l’ai aidé dans le chemin sinueux des débuts, en l’accompagnant moralement, en étant patiente, puis je l’ai laissé gérer” tient à ajouter Lucile. Aujourd’hui Élie est officiellement contracepté d’après son dernier spermogramme du 29 mars 2022.

Contre-visite

31 mars. Presque trois mois ont passé depuis mon premier spermogramme. J’appréhende ce moment, peur que les résultats soient encore en-dessous des seuils requis, signifiant peut-être un vrai souci lié à ma fertilité. Depuis j’ai arrêté un mois la clope, ça peut jouer.

Je prends un nouveau ticket pour la branlette, toujours au Labo Drouot. Cette fois-ci mon regard s’arrête sur la télé 36cm éteinte, accrochée au mur. Curieux, j’appuie sur le bouton ON, et bam gicle devant mes yeux un film de boules pixelisés. Comme dans les films justement. Le volume sonore est bloqué à zéro.

Je repars en laissant la porte bien ouverte.

Lucile, créatrice du “postiche testiculaire”

En patientant, je rejoins un matin ensoleillé une actrice du mouvement.

Derrière le studio de design Flux Initiative, Lucile (Sauzet) a décidé de s’intéresser au devant des hommes en imaginant dès 2019 avec Maxime (Labrit, créateur de l’anneau Andro-switch) et Pau (Simon, chorégraphe à l’origine de la pièce La Grande Remontée) un postiche testiculaire pédagogique.

L’objet - reproduisant en tissu et boules en bois la zone uro-génitale masculine - vise à faciliter l’apprentissage à tous du geste de la remontée testiculaire, en “contournant les tabous liés à l’intimité” comme le précise Lucile, par son port au-dessus des vêtements.

C’est d’ailleurs elle-même qui le revêt à son atelier, pour les photos de la série.

> Le postiche - produit en petite série entre Paris et la Bourgogne - est dispo à la vente ici.

Tom, ne le retire jamais

Passage aussi chez Tom, 21 ans, qui habite Bruxelles, et a tout juste démarré sa contraception quand je le rencontre. Il a pris soin de consigner sur un Google Doc ses ressentis lors des premiers jours de port, et me partage ses notes.

Au Jour 1 y est inscrit : “Je commence à porter l’anneau 15h aujourd’hui. Je n’ai pas ressenti de gêne particulière, mais j’ai voulu essayer de dormir avec et c’était assez désagréable (le sentiment d’avoir une pression dans le bas de l’abdomen en continu).”

Depuis, il l’a totalement intégré à son quotidien, au point même de le porter H24 : “c’est la solution que j’ai trouvée pour ne pas avoir à calculer les heures par jour, je trouvais ça plus contraignant encore que de le porter tout le temps.”

Lez go

Début avril. “Laboratoire Drouot : vos résultats sont prêts” s’affiche sur ma gmail. J’ouvre avec appréhension le pdf, et déroule des yeux les chiffres, jusqu’aux deux qui m’intéressent. 54 millions de spermatozoïdes / ml, et une mobilité progressive de 40% : banco les seuils minimaux pour commencer sont dépassés ! Je passe une tête chez ma Dr référente qui me donne officiellement le go pour porter l’anneau, avec un suivi au labo toutes les 3 semaines dans un premier temps, pour voir l’évolution de ma fertilité.

Démarre alors une nouvelle routine à trouver, un nouvel objet ultra-intime à intégrer dans mon quotidien. Je commence à le porter 2h, puis 4, 8 et enfin 15h au bout de quatre jours, du réveil au coucher. Je le sens, surtout le soir, ou en position assise trop longue. Je n’arrive plus à croiser les jambes, ai un peu plus de mal à pisser, chelou. Je m’y fais, comme l’habitude désormais de le laver chaque soir avant de dormir.

Photo non contractuelle.

RĂ©my et Tatiana, contraception in progress

En couple avec Tatiana, Rémy a fait le choix en novembre 2021 de recourir à l’anneau pour leur contraception. Notamment pour la faire souffler, elle qui a dû gérer une vingtaine d’années avec pilules puis stérilet.

Les débuts ne sont pourtant pas si aisés : son premier anneau lui paraît trop serré, il en commande un autre qu’il accepte bien mieux, même s’il le perd parfois quand il va nager avec. “Le plus dur je crois c’est surtout qu’au bout des trois mois de port, j’étais toujours pas contracepté d’après le spermogramme.” se désole Rémy. Il a depuis quelque peu modifié ses habitudes, le portant davantage le jour que la nuit, routine qu’il avait pris au démarrage : “j’essaye vraiment de faire au mieux par rapport à mes contraintes de la journée. J’espère vraiment que le prochain test au labo sera bon !”

Silvan, sans contrainte

De passage en Loire-Atlantique, ma coloc Cécile me recommande d’écrire à Silvan.

Contracepté grâce à l’anneau depuis février 2021, le jeune homme, 31 ans, a rapidement décidé de ne pas calculer “à la lettre” le nombre d’heures de port chaque jour : “je me suis demandé comment faire pour que ça ne me coûte pas d’y penser au quotidien. J’ai donc pris le pli de ne le porter que lorsque je suis éveillé et d’en faire une routine liée à mon réveil et mon endormissement, comme un slip en fait !”

Une approche relax, qui fonctionne au regard de ses derniers spermogrammes en dessous de ses seuils, même s’il admet ne pas en avoir réalisé depuis quelques mois maintenant : “faudrait que je retourne au CHU de Nantes, c’est tellement aseptisé là-bas, j’ai dû mal. Mais bon c’est nécessaire !”.

Bartolomé et Vanessa, pas à pas

Je me rends un soir quartier Ourcq (Paris) à l’appart de Bart, la vingtaine, où m’attendent Vanessa et lui, en couple depuis plusieurs mois. Après l’interview et les photos, ils me proposent de rédiger eux-même leur témoignage à quatre mains :

“Avant de commencer les réelles démarches, je suis d’abord allé me renseigner chez un urologue sur les méthodes existantes. Grande erreur. Celui-ci m’a vivement déconseillé d’adopter une quelconque contraception, me rappelant que « ce n’est pas à [moi] de prendre cette charge ». Pas assez motivé, j’abandonne pendant presque un an ce projet. C’est la rencontre avec Vanessa qui m’a réellement fait avancer. Bien renseignée sur la question, elle représente à mes yeux la bascule entre réflexion et action. Après avoir longtemps discuté sur le sujet, elle me dit « fais le non ? ». Je l’enfile pour la première fois le 28 février 2022, et ne le quitte plus depuis.”, Bartolomé

“Je pense qu’au début j’étais un peu soûlée d’entendre plusieurs mecs me parler de cette contraception et d’être super fiers de juste aborder le sujet sans jamais le faire. Et puis finalement, là il y a eu passage à l’acte. Pour l’instant, on n’a pas vraiment de retour sur investissement mais l’idée de pouvoir arrêter de me contracepter sans crainte est un vrai soulagement. Alors hâte du premier spermogramme sous le seuil !”, Vanessa

Rouge et noix

18 mai 2022. Après un mois de port, je ne sens quasiment plus le rond siliconé. Je n’ai eu depuis aucun loupé, parfois des douze heures, quelques fois des dix-huit. Je n’ose pas encore le garder pendant l’escalade, et ai besoin de plus d’aisance pour me doucher avec à la salle.

En teuf je le quitte au milieu de nuit, et dois parfois dormir avec, quand le décompte des heures n’y est pas.

Adrien, l’engagement chevillé au corps

Né une semaine avant 1999, Adrien - qui a grandi à Fontainebleau - a voulu mettre du neuf dans sa vie et celle de sa copine en ayant recours à l’anneau : "j’ai eu envie de moi-même être responsable de mon corps et de ma fertilité”. Il est aujourd’hui contracepté depuis le 25 avril et me contacte par Insta suite à un appel à témoignages, pour y apporter ces mots :

“Je te cache pas que j’ai beau avoir des résultats de spermogramme en-dessous du seuil d’1 million de spermatozoïdes par millilitre, on préfère encore se rassurer en mettant la capote. Ou en explorant d’autres voies que la pénétration, d’ailleurs merci Jouissance Club à ce propos”

Adrien aimerait surtout que le club s’agrandisse : “j’essaye d’en parler aux hommes cis hétéro de mon entourage, que chacun soit en charge de sa contraception, mais tristement ça ne prend pas. La plupart trouvent ça intéressant et louable mais j'ai l'impression qu'ils ne l’envisagent absolument pas comme une option pour eux”.

Antoine, co-créateur du projet de la future SCIC liée à la contraception masculine

Je passe aussi rendre visite à Antoine, avec qui j’échange depuis quelques semaines sur Instagram. Le jeune trentenaire travaille activement en équipe au lancement d’une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) pour notamment faciliter la certification des dispositifs de contraception masculine.

Il est lui-même porteur de l’anneau, depuis février 2021, au moment où il démarre une nouvelle relation amoureuse et propose à sa copine de prendre en charge la contraception. “Je m’intéressais à cette méthode depuis quelques mois, voyant les déboires de mes ex avec la pilule et ne voulant toujours pas d’enfant. L’anneau m’a paru un outil sérieux, je l’ai commandé et j’ai suivi le parcours” relate-t-il, avant de continuer : “au-delà de renforcer la complicité de notre couple sur la question, le porter m’a fait mieux m’occuper de mes parties génitales, dont on survole bien souvent la santé. Et j’ai aussi appris à lire un spermogramme”.

Antoine en réalise alors tous les mois pendant les six premiers, pour contrôler sa fertilité et se rendre compte que le dispositif est bel et bien efficace. “Pour l’anecdote, le labo ZTP où je vais à Bagnolet a désormais intégré une case “contraception” dans son questionnaire, preuve que les choses bougent” sourit-il.

> Plus d’infos sur la SCIC ENTRELAC - ENTité pour la RÉglementation et le Libre Accès à la Contraception - ici

Gaëlle, designer “socio-textile”

Diplômée de l’ENSCI-les Ateliers (Paris), Gaëlle Burcklé s’est concentrée à travers son projet d’étude 37 °C à proposer des matières alternatives pour remonter les testicules.

Son choix s’est notamment porté sur un mélange de coton, Lycra et soie, en plus du silicone de l’anneau, en vue d’un meilleur maintien et confort. Esthétiquement aussi, ça compte, ces prototypes claquent bien, comme ceux de la photo ci-dessous.

> 37 °C est visible ici ici

(la suite bientĂ´t)